La rosée au bas de soie / A l'ombre des embruns - carousel déplié

 

Pourrir les pieds dans l'eau quand dans tes yeux le soleil brille. Allongé dans un éternel lit où fleure l'odeur acide de chair et de chéri. Que la chute du lendemain passe son chemin. Parce que je le vois, tu le sais, demain il n'y aura plus rien. Aujourd'hui nous avons tout eu. Et dans ce tout il y a ces choses je n'avais pas imaginé et ne retrouverai plus. Tu dis : les mêmes vagues rencontrent éternellement la même plage. Je dis : je ne suis pas ces vagues, tu n'es pas cette plage, tu es un marin et je ne suis pas de ton monde. Demain les mains auront oublié, les traits seront effacés, à l'odeur succédera une autre tout aussi délicieuse, celle de la folle espérance suspendue à chaque instant comme autant de nuits. Mais le jour revient. Le silence reviendra. Tragédie chaque fois reconduite. Cependant que ta voix raisonne encore, qu'elle couronne, bouffonne ou bichonne mais n'abandonne personne.