Ce que j'en dis


Le principe est le suivant : pas de règle.
La force d'une photographie émane avec la même spontanéité que celle qui porte l'appareil à l'œil.

La spontanéité comme seul repère.
La photographie est ici pratiquée comme un possible miroir tourné vers soi mais également comme espérance d'une traversée. Comme si la photographie, expression absolue de l'incarnation, permettait de s'extraire vers un ailleurs. Comme si ce qui était photographié devenait d'emblée désincarné, luciole fantasmatique dans le ciel de la psyché. Le nombre des années n'est pas compté pour accéder à une expression défaite de ses impuretés, si selon cette phrase chère à Roland Barthes : « Chacun de nous ne parle qu'une seule phrase, que seule la mort peut interrompre ».

Récit en suspend, le temps à l'œuvre.
Le langage couvre le monde d'un voile qui le rende habitable. Ici, telle une analyse, la photographie est accumulée pour que se resserre le récit autour des cercles que l'esprit décrit avec son aveuglement coutumier. Et si la vérité n'existe que dans la perfection trouble du mythe, on espère qu'un jour le récit contenu pour ce qu'il est dans ces photographies, toujours le même, inlassablement répété autour des mêmes variations, soit exprimé avec la clarté que je recherche.

MM